personnel

écrire pour se traduire

12 mai 2008

AMBIDEXTRE DE LA SOLITUDE

Ecrire sous la dictée de l’autre. Ecrire c’est se parler à soit alors qu’on croit parler aux autres. Avec le silence pas de risque d’erreur et puis écrire ce n’est rien que faire de nouvelles combinaisons de caractères à chaque fois. L’alphabet + l’ordinateur ça ne tue pourtant pas l’ennui et le sentiment que tout est vain. Si écrire régénérait il y’a si longtemps que j’aurais déjà reverdi comme le printemps alors qu’il me pousse des cheveux blancs comme neige en plein eté. Ecrire c’est faire de faux strip-tease, comme un abdication de l’espoir pour le voyeur qui n’a rien vu ;écrire juste pour ne pas contrarier l’esprit qui en nous produit le flux permanent de la conscience ;écrire comme un échec assumé et revendiqué :je suis mort et alors ?! je suis mort c’est à dire que plus jamais je ne fleurirais et que les feuilles me tombent et mes bras sont deux branches mise à nu ;écrire dans une solitude sans remède ;écrire comme un incurable optimiste quand tout s’effondre ;écrire pour remplir le tonneau des danaïdes de l’absence ; écrire où je suis c’est absurde comme si on voulait vider le désert ;écrire comme l’onaniste avec une seule main ;écrire avec des mains qui tremblent d’un froid intérieur ;écrire mastiquer le vieux morceau de tabac à chiquer et cracher des mots avec un clavier ébréché ; écrire avec un égo qui gicle comme un petit geyser prétentieux, écrire pour la galerie des cœurs cassés qui s’affichent avec des pseudos ;écrire pour la beauté gratuite du frémissement du vent et de la lumière ;écrire pour le chant incessant de la ville qui broie et rumine l’acier et les hommes avec leurs os friables ;écrire en attendant le jugement qui nous délivrera de la culpabilité ;écrire parce qu’on a raté sa vocation de salaud ;écrire qu’on s’ est raté et se bidonner sur ceux qui croient connaître la nature humaine et la culture inhumaine ;écrire parce que on ne plus arrêter le train et qu’on à pas les couilles de sauter dans le vide qui lui à coup sur nous sautera dessus sans préavis ;écrire devant la cage vide d’où s’est envolé l’espoir ;écrire parce qu’il faut bien meuble ce vide qui nous enserre ;écrire sans modestie mais avec l’obstination de la marche aveugle :En avant route !!!

Posté par Ourselves à 12:25 - journalintime - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

écrire pour rompre l'ennui,
exprimer par les mots certains maux,
en espérer une écoute, si ce n'est une réponse,
oser dire ce qu'il y a là au plus profond de soi...au risque de s'entendre...

Posté par plume29, 12 mai 2008 à 13:32

Plume

je ne sais ou te joindre mais saches que tu dis vrai quand tu écris:"oser dire ce qu'il y a là au plus profond de soi...au risque de s'entendre..."

Posté par farid, 12 mai 2008 à 16:05

et bien au plaisir de t'entendre....

Posté par plume29, 12 mai 2008 à 21:24

Ecrire...parce que tu le fais très bien et que tes mots résonnent dans le silence des autres.

Posté par Lucide, 13 mai 2008 à 21:47

Lucide

Content que ses mots te plaisent qui sont nourris aussi par le silence des autres qu'il faut savoir écouter...

Posté par farid, 14 mai 2008 à 12:39

Farid, enfin j'y suis arrivée... ce n'était pas évident..
ce que je pense de l'écriture :
Ecrire, c'est me retrouver... écrire me permet de poser mes réflexions, mes remarques, écrire me libère...écrire me donne de l'espoir même si la cage est vide...
Toi, Farid tu sais écrire, tu sais dire ce qu'il y a au fond de toi...tu compares tes bras à deux branches sans feuilles... mais elles vont refleurir ; il faut leur donner une impulsion, une envie de renaître...
hier, j'étais sur ma terrasse... j'observais un minuscule olivier qui avait perdu toutes ses feuilles la saison dernière.. j'allais le mettre à la poubelle.. puis, j'ai eu un remords... j'ai taillé toutes les branches.. il ne restait qu'un petit tronc de 10 cm de hauteur..et oh ! miracle... de minuscules feuilles sont apparues... tu vois, il ne faut jamais désespérer..
je suis contente de te retrouver sur le net
bises

Posté par loula, 14 mai 2008 à 14:08

pfiou

L’alphabet + l’ordinateur ça ne tue pourtant pas l’ennui et le sentiment que tout est vain. Si écrire régénérait il y’a si longtemps que j’aurais déjà reverdi comme le printemps alors qu’il me pousse des cheveux blancs comme neige en plein eté.

ça, je te cite, ça claque vraiment très fort dans l'air.

et merci pour ton gentil commentaire sur mon blog, ça me touche beaucoup.

je vais te rajouter dans mes liens, j'aime beaucoup ce que tu fais (j'ai parcouru ton blog).

Posté par Sean, 14 mai 2008 à 14:50

tu dis fort bien et beaucoup mieux que je ne saurais le faire, ce vide , là, que je ressens
merci pour ces mots

Posté par charivarii, 15 mai 2008 à 12:13

Ecrire m'a toujours fait du bien. C'est mettre des mots sur des douleurs, pour parfois mieux les comprendre.
Et si écrire n'apportait rien, pourquoi le faisons nous?
Ecrire ici, c'est encore une autre démarche.
Les mots sont plus feutrés, car on sait que des lecteurs potentiels peuvent venir...

Posté par Phany, 16 mai 2008 à 19:02

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